Série fondatrice du jeu de combat 3D, et bien que son succÚs n'ait pas été celui des Tekken ou des Soul Calibur, Virtua Fighter continue son bout de chemin sur next gen pour défendre son statut de vétéran.
Difficile de dĂ©crire l'histoire ou mĂȘme l'univers d'un jeu de baston. D'autant que, je le confesse, je ne suis pas un spĂ©cialiste des Virtua Fighter. Il apparaĂźt nĂ©anmoins rapidement au nĂ©ophyte que contrairement Ă de nombreux jeux de baston made in japan, VF se veut plutĂŽt rĂ©aliste (mĂȘme si tout est relatif au vu du boss de fin, Dural, une femme au corps de mĂ©tal). On a donc d'une part un univers contemporain; et d'autre part, des personnages divers mais dont les mouvements s'inspirent toujours d'arts martiaux existants. Le roster du jeu est d'ailleurs assez Ă©toffĂ© pour satisfaire aussi bien les vĂ©tĂ©rans de la sĂ©rie que les novices. Dix-huit combattants constituent le casting de VF5, dont la plupart sont issus des prĂ©cĂ©dents Ă©pisodes, de Akira Ă Jacky Briant en passant par Pai Chan, etc... A ceux-lĂ s'ajoutent deux petits (c'est le cas de le dire) nouveaux, Eileen la jeune chinoise et El Blaze le catcheur mexicain (un profil qui a la cĂŽte en ce moment dans le vs fighting...). L'un comme l'autre se distinguent du reste du casting par leur vĂ©locitĂ© extrĂȘme et apportent une variĂ©tĂ© apprĂ©ciable, quoiqu'on puisse regretter qu'il y ait si peu de nouveaux venus.
Pour ce qui est de la réalisation, le jeu date de 2007 et commence déjà à accuser son ùge. Il reste plutÎt réussi, en particulier au niveau des décors, particuliÚrement soignés. Les effets de l'eau sont splendides, et les sols s'abßment au fur et à mesure des combats, renforçant la sensation d'immersion. Aspect essentiel pour ce type de jeu: les animations des personnages sont fluides et travaillées. Mais la question du character design est quant à elle plus complexe. Si c'est avant tout affaire de goûts, j'avoue le trouver assez rebutant, en particulier celui du "héros" (s'il devait y en avoir un), Akira Yuki dont le look cheveux hérissés et manga cliché paraßt en inadéquation avec l'aspect réaliste de la modélisation globale du jeu. A noter que les costumes sont customisables, une idée amusante qui permet les pires fautes de goût mais sans pour autant offrir la possibilité de compenser un character design contestable.
Virtua Fighter 5  jouit d'une durĂ©e de vie exceptionnelle. Les modes de jeu sont nombreux, avec les classiques arcade ou training. Ce dernier est plutĂŽt bien fait, tout en proposant un dĂ©fi time attack, le but Ă©tant d'effectuer tous les coups d'un personnage le plus rapidement possible. Mais surtout, un mode quĂȘte presque interminable a Ă©tĂ© implĂ©mentĂ©. Les dĂ©veloppeurs ont eu l'idĂ©e saugrenue mais intĂ©ressante de proposer au joueur d'incarner non pas un personnage de l'univers de la licence, mais un joueur d'arcade japonais pour le faire progresser dans le classement. Malheureusement, le concept montre rapidement ses limites. Minimaliste, aussi bien pour ce qui est de l'interface (une simple carte pour choisir une salle dans laquelle on enchaĂźne alors les matches) que du scĂ©nario inexistant; mais surtout, il est incroyablement rĂ©pĂ©titif. De nombreuses heures sont nĂ©cessaires pour arriver au grade ultime, durant lesquelles on ne fait que combattre l'IA, adversaire bien peu intĂ©ressant. La monotonie s'installe d'autant plus vite qu'aucun dĂ©fi ni aucune variation des rĂšgles ne viendront la briser. Du coup, la grande durĂ©e de vie du jeu en solo s'avĂšre finalement limite chauchemardesque.
Au bonheur des plus persévérants
Le gameplay de Virtua Fighter repose sur la prĂ©sence de trois types de coups: low, mid et high. La garde basse protĂšge des coups low et Ă©vite les coups high, mais est cassĂ©e par les coups mid. De maniĂšre plus classique, la garde haute protĂšge quant Ă elle des coups mid et high mais est cassĂ©e par les coups low. Des rĂšgles simples Ă apprĂ©hender mais plus difficiles Ă mettre en pratique. D'abord parce que le panel de coups de chaque personnage est extrĂȘmement Ă©tendu. Si seuls deux boutons d'attaque sont prĂ©sents, y associer une direction donne toujours un effet diffĂ©rent. Si l'on ajoute Ă cela l'existence de plusieurs stances pour chaque personnage, ou le fait que les coups peuvent varier selon le combo au sein duquel on les effectue, on rĂ©alise rapidement l'investissement nĂ©cessaire pour maĂźtriser un personnage, et Ă fortiori pour connaĂźtre l'intĂ©gralitĂ© du casting. Pour compliquer les choses, et contrairement Ă un Street Fighter oĂč il faut gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre baissĂ© pour assĂ©ner un coup low, il est ici possible de lancer des attaques low ou mid depuis n'importe quelle position. Pas Ă©vident dans ces conditions d'anticiper les actions adverses. Le challenge que cela implique est intĂ©ressant, mais peut s'avĂ©rer frustrant Ă la dĂ©couverte du jeu, la faute Ă des incohĂ©rences entre les animations visibles et l'effet produit. Par exemple, il faudra se faire Ă l'idĂ©e qu'un uppercut frappe mid, et donc casse la garde basse. Des curiositĂ©s qui existent cependant dans tout jeu de baston. Enfin, il est notable que les hit box se dĂ©placent Ă©normĂ©ment. Ainsi, Ă chaque attaque envoyĂ©e, elle pourra ou non toucher selon ce que fait l'adversaire: mĂȘme s'il adopte lui aussi une attitude offensive, chaque coup "tord" les hit box ce qui peut lui permettre d'esquiver. LĂ encore, la gestion des distances qui en dĂ©coule est intĂ©ressante pour le hardcore gamer avide de challenge, mais le joueur novice risque d'ĂȘtre rebutĂ© par les prioritĂ©s surprenantes que cela implique, certains coups lents pouvant punir d'autres plus rapides.
Bref, Virtua Fighter est riche, trĂšs riche, et propose une expĂ©rience qui mĂ©rite qu'on s'y attarde. A condition comme dit plus haut d'ĂȘtre prĂȘt Ă fournir un investissement consĂ©quent. A condition aussi d'avoir des adversaires disponibles. Car comme tout jeu de combat de ce calibre, Virtua Fighter ne peut rĂ©vĂ©ler son potentiel que contre d'autres joueurs humains, le comportement de l'IA Ă©tant trĂšs alĂ©atoire et trop souvent illogique et absurde. Pour cela, les dĂ©veloppeurs n'ont pas oubliĂ© le mode online, plutĂŽt frĂ©quentĂ© sans que ce soit pour autant la panacĂ©e. S'il est souvent possible de trouver des adversaires, les problĂšmes de lag n'en sont pas moins rĂ©currents, et les heures creuses durant lesquelles on ne pourra qu'affronter sans cesse un mĂȘme adversaire sont nombreuses. Bien sĂ»r, il serait absurde de le reprocher au jeu en lui-mĂȘme, mais ce souci pratique est bien lĂ , et implique de la part du joueur une motivation supplĂ©mentaire pour passer outre. Finalement, mieux vaut s'assurer d'avoir des amateurs dans son entourage pour pouvoir profiter de la richesse du jeu.
Conclusion : 8/10
Virtua Fighter est un excellent jeu de combat, une rĂ©fĂ©rence de la 3D. Malheureusement, seul un investissement important permet d'en profiter, VF n'Ă©tant pas des plus accessibles, ni mĂȘme des plus agrĂ©ables au premier abord. A rĂ©server avant tout aux joueurs motivĂ©s et persĂ©vĂ©rants.
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C'est noté, je vais faire mon max pour m'y mettre (et me faire mettre au passage) !
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Bonne idée, j'aurai au moins une personne avec qui jouer comme ça!
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Il faudrait peut-ĂȘtre que je me dĂ©cide a vraiment commencer ce jeu... que j'ai depuis trop longtemps dĂ©jĂ .
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Virtua Fighter 5
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